Parlons des biologistes et des neuropsychologues… appelés encore les « imageurs » de l’âme, terme que je trouve dans la revue LE POINT du 29 novembre 2002, p.40. L’article est « Cerveau, Les chemins de l’intelligence ». Dans la conclusion (provisoire), il est écrit : « Mais votre moi, votre esprit, votre âme… ? Que reste-t-il de tout cela ? demande désespérément, dans le dernier roman de David Lodge, « Pensées secrètes », Helen Reed, professeur de littérature, au brillant neurobiologiste Ralph Messenger. « En ce qui me concerne, répond-il, ces mots ne servent qu’à désigner communément certaines formes d’activités cérébrales. »
Que peut-on dire de cette réponse comme d’ailleurs de cette question ? Il est clair que le neurobiologiste n’a pas tort dans ce qu’il affirme, l’imagerie cérébrale (TEP, IRMf, etc.) en fait n’est qu’un complexe d’appareils très sophistiqués pour suivre et détecter des effets réactifs dans le cerveau. D’après ce qu’on lit, par des positons injectés dans le sang et leur itinéraire dans les régions du cerveau, sollicitées par des stimulus psychiques (tests d’intelligence, angoisse, émotion, etc.). En d’autres termes, le biologiste ne s’embarrasse ni de l’âme ni de l’esprit dans ses recherches, ce sont deux instances qui ne peuvent en rien l’aider car elles sont abstraites et non saisissables dans leur essence.
Le cerveau en tant qu’élément central nécessaire à la pensée, non seulement il reçoit tous les influx nerveux des différentes parties du corps, c’est-à-dire toutes les informations intérieures et extérieures, mais il offre la possibilité matérielle au biologiste de suivre ces influx nerveux au moyen du sang ou tout autre intermédiaire qui circule dans les régions sollicitées (lobes).
C’est un peu comme si nous essayons dans un ordinateur, à chercher, à trouver l’intelligibilité des deux intelligibles l’un à l’autre, c’est-à-dire les systèmes soft et hard de la machine. Si cela est possible pour la machine parce qu’elle ne pense pas, et elle est une création de l’homme, elle pense selon un programme immuable… et muable que par l’homme, pour le cerveau humain, il y a une toute autre essence (pensée) intelligible à elle-même et intelligible au cerveau – celui-ci si l’on veut est le hard de l’abstrait conceptualisant, c’est-à-dire la pensée –, et ceci est inaccessible à l’homme, n’en déplaise au biologiste… qui veut briser l’herméneutique de la Création. Comme l’ordinateur qui résout des opérations incroyables qui défient l’esprit humain, n’est pas intelligible à lui-même.
L’exemple peut être grossier pour ce qui est de l’ordinateur, mais si lui en tant que machine n’est pas intelligible à lui-même, nous, êtres à défaut d’être intelligibles de manière absolue dans notre corps et par notre corps, nous sommes quand même conscience de cette intelligibilité… puisque nous pensons…
Il est clair il reste toujours des zones d’ombre, mais pour ce sujet uniquement, on peut disserter sans fin. Donc le professeur de littérature doit faire la part des choses, l’activité cérébrale est une chose, l’activité spirituelle une autre. Le cerveau joue un peu le rôle de traducteur des essences… et d’ailleurs même l’influx nerveux dans l’ordre actuellement des choses n’est pas très bien défini en médecine. Un courant électrique… ou chimique… ou on ne sait quoi encore ?
Extrait 3 de l’ouvrage « Au-delà des mots… et des maux… », p.261 à 262